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Le commerce équitable vous connaissez ?
Je suis que vous avez déjà entendu parler de cette forme de commerce qui respecte à la fois les producteurs du sud et du nord, ainsi que les consommateurs.
Ce commerce veille aussi à respecter certains critères sociaux, économiques, environnementaux.
Le but du commerce équitable (Fair Trade dans la
langue de Shakespeare) est tout simple, changer notre mode de production et de consommation afin de parvenir à un équilibre entre le Nord et le Sud.
La suppression des intermédiaires, la suppression d’un cours sur les matières premières fixé par la Bourse et entre autres, l’amélioration durable de la vie des producteurs qui n’auront plus de quantités minimum à produire, qui seront payés directement, etc…
Les enjeux du commerce équitable sont nombreux, d’abord, c’est une autre forme de mondialisation, une forme altermondialiste…
L’arrêt de l’utilisation de substances chimiques et autres qui nuisent à l’environnement, et l’arrêt de l’exploitation de pays pour le seul profit du Nord.
La charte du commerce équitable signée par les quatre principales organisations mondiales :
FLO, IFAT, NEWS, EFTA
Proposition d’une définition commune du commerce équitable :
« Le commerce équitable est un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud de la planète. Les organisations du commerce équitable (soutenues par les consommateurs) s’engagent activement à soutenir les producteurs, à sensibiliser l’opinion et à mener campagne en faveur de changements dans les règles et pratiques du commerce international conventionnel.[]»
Les principes :
1Dans une approche solidaire du commerce équitable, travailler d'abord avec les producteurs parmi les plus défavorisés.
2Refuser systématiquement une quelconque forme d'esclavage ou de travail forcé.
3Contractualiser entre les différents partenaires des garanties portant sur le prix et la qualité des produits.
4Le prix du produit permet une juste rémunération des acteurs économiques. Celle-ci prend en compte leurs besoins et ceux de leurs familles, notamment en termes de formation, de santé, de protection sociale
5Le versement d'un acompte, lorsque les organisations de producteurs n'ont pas le fonds de roulement nécessaire pour acheter la matière première, ou pour vivre tout simplement entre la commande et le règlement final
6Privilégier des relations commerciales durables avec les producteurs. Pour eux, c'est la durée qui assure l'avenir.
7Assurer la transparence dans le fonctionnement des différents partenaires, qui passe par une information réciproque à chaque étape sur les conditions de travail, les salaires, la durée des relations, les processus de production et de distribution, les prix, les marges...
8Accepter le contrôle sur le respect de ces principes, à chaque étape du processus.
Les critères de progrès
1Une organisation participative respectueuse de la liberté d'expression et de l'avis de chacun. Cela peut se traduire dans un groupe par une prise de décision démocratique, ou dans une entreprise, par la négociation entre patronat et syndicats...
2Le respect de chacun, sans discrimination aucune.
3L'élimination du travail des enfants en utilisant les moyens les plus adaptés dans l'intérêt de l'enfant. Le travail des enfants ne peut être toléré que dans une période transitoire, en vue d'une scolarisation ou d'une formation.
4La valorisation des potentiels locaux des producteurs : utilisation d'une matière première ou d'un savoir-faire local.
5Une production et une distribution favorisant une utilisation raisonnée des matières premières et des sources d'énergie, ainsi que leur renouvellement.
6Le circuit le plus court et le plus simple possible entre producteurs et consommateurs.
7L'encouragement des producteurs à l'autonomie, en privilégiant la diversification des débouchés, notamment sur le marché local. L'activité économique doit être rentable en elle-même, et donc parfaitement distincte d'autres formes de financements.
8Un engagement des acteurs envers leur environnement socio-économique. Par exemple, les bénéfices réalisés sont réinvestis dans l'entreprise et/ou dans des programmes de développement à caractère collectif, économique, écologique ou social, y compris la formation.
9Une information qui permette au consommateur d'effectuer un achat fondé et responsable.
Le commerce équitable est-il nouveau ?
Cette question, est en fait assez paradoxale, pour répondre à celle-ci je suis obligé de vous demander depuis quand le commerce mondial n’est il plus équitable ?
Ainsi, cela fait pratiquement 60 ans, que le commerce équitable fut créé.
A l’origine, des ONG, dont une, la plus connue, Oxfam pour l’Europe, et quelques autres pour les Etats-Unis.
En France, saluons, artisans du monde, créée en 1974, et qui agit indépendamment d’autres structures équitables.
C’est à la suite d’un appel de l’Abbé Pierre dénonçant la Famine au Bengladesh que la France, pris réellement connaissance de la situation mondiale jusqu’alors catastrophique.
Depuis les années 90, ce mouvement, mondial, a pris de l’ampleur, avec une augmentation de près de 11% du CA en 5 années (entre 99 et 04) de ces organisations et une ouverture annuelle de plusieurs boutiques en France et dans le monde.
On peut se poser plusieurs questions :
D’abord, le commerce équitable est il un effet de mode ?
Non, du moins par pour ses vrais acteurs, tel Max Havelaar (ndlr, Max Havelaar est un organisme à but non lucratif qui a pour objectif de certifier que tel producteur ou tel produit respecte bien le commerce équitable), et les autres.
S’il est vrai que c’est un effet de mode, c’est qu’on commence à parler de commerce équitable un peu partout, alimentation, décoration, artisanat, vêtements, chaussures (Veja)…
Pour certaines entreprises, notamment les Grandes Surfaces, le commerce équitable est un effet de mode cela est certain, ce n’est pour eux qu’une façon supplémentaire de faire du profit.
Nous ne citerons aucune grande surface, non pas que leur pouvoir nous fait peur, mais simplement pour dénoncer la globalité.
D’abord, le commerce équitable, comme toute autre forme de commerce ne pourrait pas marcher en France correctement.
Avec seulement 6 centrales d’achats pour celles-ci, les producteurs sont victimes à la fois d’un chantage, d’une obligation de vendre, c’est un peu David contre Golliath…
Malgré tout certains produits équitables en grande surface le sont réellement, vu qu’ils sont labellisés.
Néanmoins, le commerce de proximité, et le pouvoir croissant et exponentiel des grandes surfaces nous poussent à nous interroger sur la vente en grande surface…
Dénonçons aussi certaines entreprises qui profitent de véritable fillon, en apposant leur propre logo équitable, ou en ne mettant équitable qu’une partie de leur gamme, histoire d’avoir bonne conscience et d’arrondir les fins de mois…
Le commerce équitable est il équitable ?
Evidemment, comme dans chaque entreprise, il y a des dérives, on a parlé des dérives commerciales, il peut évidemment exister des dérives à ce mode de commerce.
D’abord, on peut douter légitimement des acteurs qui jouent le jeu, mais cela est assez rare, puisque les producteurs ont compris l’intérêt non seulement financier mais aussi social qu’apporte ce commerce, et les vendeurs ont compris aussi la démarche du « consom’acteur » qui cherche avant tout, un produit, une qualité, un respect de labels, plutôt qu’un prix.
Pourquoi les produits du commerce équitable coutent-t-ils plus cher que les autres produits non équitables ?
Ils ne sont en moyenne que 10 % plus cher, d’abord car le fait d’éliminer des intermédiaires permet de redistribuer mieux l’argent aux producteurs et assurer un prix convenable au « consom’acteur » mais il faut dedans remarquer que différents coût s’y ajoutent tel le prix d’un label (qui en quelque sorte permet à l’organisme de vivre) et les coûts de promotion.
Il faut ajouter pour conclure que le commerce équitable vise avant tout à promouvoir ses produits mais pas seulement, il se veut en véritable Lobby (plaidoyer) qui pourrait influencer les organismes étatiques et mondiaux (tels l’OMC dont nous parlerons plus tard) et aussi un rôle pédagogique à travers plusieurs actions, tels des débats, des conférences, des concerts équitables, (à Saint Etienne par exemple : le festival paroles et musiques qui est parrainé par Artisans du Monde que nous saluons ici )
Mais, il favorise aussi l’information, s’interroger sur l’origine d’un produit, sur ses composantes etc…nous fait devenir consom’acteur, avec une demande exigeante, nos produits deviendront respectueux et tout aussi abordables.
En bref, vous l’aurez compris, le commerce équitable existe comme alternative, il a pour utopie réaliste de devenir un jour le seul type de commerce envisageable… ce jour là, nous n’aurons plus besoin d’organismes de contrôle, mais il faudra à ce titre là que tout les acteurs respectent ces engagements équitables, du producteur, au transporteur, du vendeur à l’acheteur et du consommateur.
Quelques liens pour en savoir plus :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Commerce_équitable
Et vous, êtes vous prêt à devenir consom’acteur ?